Mille gouttes opalines

Un senryū érotique chaque matin, pendant mille jours

Neuf-cent-soixante-dix-neuvième goutte

Tu penses que tes
Érections sont des maux
Que je dois soigner. 

Personne n’a droit au sexe, même s’il paie des dizaines de dîners ou vous couvre de fleurs, de chocolat ou de diamants. Il s’agit d’un accord mutuel et réciproque et non d’une chose qu’on peut exiger comme un dû. Aussi: vous ne devez de sexe à personne, quelques soient les circonstances.

Mieux: le sexe n’est pas un besoin. C’est un désir, un pulsion, peut-être, mais pas un besoin. Un besoin, c’est ce qui est nécessaire à la vie organique: de l’oxygène, de l’eau, de la nourriture, un abri et des vêtements pour se protéger des intempéries. Et comme nous sommes une espèce sociale, nous avons besoin de vie en commun, de contacts humains – mais pas de relations sexuelles. Si c’était le cas, les personnes asexuelles n’existeraient pas et je peux vous confirmer qu’elles existent, j’en ai rencontré et j’en ai même touché(de façon platonique, han).

Les incels. Voilà où je veux en venir. Il s’agit d’une sous-culture essentiellement masculine dont les adeptes rejettent la libération sexuelle, et l’émancipation des femmes en particulier, parce qu’elle empêche certaines catégories d’hommes (dans leur genre) de trouver des partenaires sexuels. (Qui aurait cru que lorsque les femmes ont le choix, il y a des hommes avec lesquels elles ne coucheraient pas ? Je sais, c’est incroyable.)

Les Incels sont une plaie et représentent un réel danger. Ils menacent les femmes de violence et soutiennent les réacs et les fascistes en s’opposant à l’égalité des genres et aux droits des personne queer. Il leur est arrivé de passer à l’acte; je ne vous citerai pas de noms, parce que ces types ne méritent aucune publicité, mais je suis certaine que vous savez de qui je parle. Si le sexe était un besoin réel, nous aurions à prendre leurs préoccupations au sérieux, ce qui ne serait pas raisonnable. Ironiquement, présenter le sexe comme un besoin – ce qui était à la base de la révolution sexuelle des années soixante et soixante-dix et qui a initialement ouvert les portes de la liberté – contribue maintenant à les refermer.

Si vous pensez avoir vraiment besoin de sexe, je vous conseille la masturbation. C’est gratuit, c’est une source inépuisable de plaisir, de satisfaction et d’apaisement… et s’y adonner ne comporte aucun risque de harcèlement ou d’agression sexuelle. À moins que vous le fassiez devant une personne non-consentante, évidemment.

Comme le disait Diogène de Sinope, en parlant de la masturbation: «Si seulement, en se frottant le ventre, on pouvait aussi calmer sa faim !» Voilà de sages paroles sur lesquelles il est bon de méditer!

À demain pour un autre tercet obscène.

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Une réponse à « Neuf-cent-soixante-dix-neuvième goutte »

  1. Avatar de Simon Morissette
    Simon Morissette

    Bonjour!

    Magnifique utilisation de cette citation de Diogène. Si seulement, en effet, nous pourrions soulager la faim de cette façon !

    En passant, vos -presque mille gouttes – sont une oeuvre que je considère légendaires. Votre constance l’est tout autant. Si vos tercets ne m’ont pas fait bander, ils m’ont fait réfléchir, douter, parfois même tout cela. Quel réveil.

    D’ailleur, votre receuil de poésie au gaz lacrymogène est tout aussi percutant.

    Merci pour ces gouttes de sagesses.

    Sim.

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