Mille gouttes opalines

Un senryū érotique chaque matin, pendant mille jours

Cinq-cent-dix-neuvième goutte

La clim a sauté
Nous nous liquéfions en
Flaques sur le lit.

Voici deux pages caniculaires extraites du Carnet écarlate.

À partir d’un certain seuil de chaleur et d’humidité, tout ce que je vois devient pornographique.

***

Assise sur le guidon du vélo, elle fait dos à sa copine en nage qui pédale. Elle porte une jupe courte de coton blanc et écarte les cuisses. Par temps de canicule, on se rafraîchit comme on peut, dans le Vieux Hull.

***

Mélanie repousse le drap en se plaignant qu’il fait trop chaud. Ce faisant, un parfum de chlore, de Coppertone et de poissonnerie vient chatouiller mes narines – la quintessence de l’été.

***

Ce ne sont pas tant les individus qui m’intéressent – je veux dire, qui m’excitent sexuellement –, mais plutôt les situations, les agencements. Clara n’a pas conscience du caractère fortuit de sa beauté ; c’est ouvent la lumière ambiante, sa posture, sa nudité totale ou partielle, les paroles qu’elle prononce, l’humidité de son sexe qui causent mon émoi.

***

Il fait trop chaud pour des étreintes énergiques et passionnées. Paresseuse, je lui suçote l’oreille tout en la masturbant, tandis qu’elle pétrit mes fesses, puis mes seins. Son plaisir est rapide, vif et si exténuant qu’on la croirait en pleine crise d’asthme.

***

Maintenant que j’y pense, je crois que c’est
vraiment une crise d’asthme. Merde.

***

Nue, à genoux, Sandrine plonge ses mains à plusieurs reprises dans les seaux de la glace pilée fondante et lance cette slotche contre mes flancs, ma poitrine et mon cou. Mes liens dégoulinent, mon t-shirt est trempé, mon short est couvert d’une croûte de givre. Je peine à contenir mes frissons.

Bientôt, on sonnera à la porte, les chats de gouttière vont se mettre à miauler de façon stridente comme seuls les chats de gouttière peuvent le faire. Elle se lèvera pour appliquer comme un baume sur mon corps affamé ses seins lourds et denses, ses cuisses fiévreuses, ses yeux seront révulsés et elle poussera sa langue brûlante dans ma bouche.
Pour l’instant, elle me dévisage, les mains remplies de glace, la bouche grande ouverte. Sa langue est une panthère dévorée par le feu.

À demain pour un autre tercet obscène.

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