Mille gouttes opalines

Un senryū érotique chaque matin, pendant mille jours

Quatre-cent-vingt-sixième goutte

Diderot dans les
Bijoux indiscrets ne parle
Pas de l’Apple Watch.  

Les bijoux indiscrets est l’un des curiosa les plus célèbres du Grand Siècle. Il s’agit du premier roman que Denis Diderot publia anonymement en janvier 1748.

Il s’agit, selon la mode de l’époque, d’une série de contes licencieux qui se déroulent dans un cadre exotique, en l’occurence le Congo, et qui sont reliés par l’histoire de l’anneau magique donné par le génie Cucufa au roi Mangogul. Grâce à cet anneau, il peut faire parler le sexe des femmes.

Défié par sa sultane Mirzoza, le prince Mangogul cherche la fidélité désespérément. Mais il a beau tourner et retourner la bague à son doigt devant les femmes d’apparence les plus sages, ce ne sont que fantasmes et passages à l’acte répétés. Ne croit-il pas avoir trouvé la vertu d’un vagin à qui les hommes déplaisent… qu’il découvre une lesbienne. Les hommes cavaleurs trouvent leur équivalent féminin sans problème – puisque la chose ne se peut faire qu’à deux.

Pour Diderot, le désir n’a pas de genre et se manifeste en tout être. Il ne faut croire ni les curés ni les romans :

« Voilà, madame, répondit le sultan, comme les romans vous ont gâtée. Vous avez vu là des héros respectueux et des princesses vertueuses jusqu’à la sottise, et vous n’avez pas pensé que ces êtres n’ont jamais existé que dans la tête des auteurs »

Si Diderot secoue la raison avec l’Encyclopédie, il remue les bas-ventres avec les contes, dans une même démarche visant à mettre bas le joug totalitaire du roi et le dogme d’église. Dans la lignée de Montaigne, il est sceptique, contre ce qu’on appellera l’Ancien régime évidemment, mais aussi contre ce progrès sûr de lui-même et dominateur qui devient dès cette époque une idéologie.

À demain pour un autre tercet obscène.

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